Route du Rhum – Destination Guadeloupe : A la mi-course, l’heure des grandes manoeuvres

Archive Webtv-Iles

La flotte continue sa progression dans des conditions soutenues, encore sous le choc suite au chavirage d’un des favoris, Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI, Ultim). Cet après-midi, les opérations de secours se poursuivaient pour porter assistance au marin, qui est sain et sauf dans son bateau.

Désormais, Tom Laperche (SVR Lazartigue), qui a déjà atteint la mi-course, est seul en tête. De leur côté, Corentin Horeau (MACSF) s’envole chez les IMOCA et Basile Bourgnon (Edenred, Ocean Fifty) conserve son avance.

Les Class40 se préparent au passage d’une dépression et deux duels ont lieu en tête des Vintage Multi entre Éric Péron (French Touch – Oceania Hotels) et Damien Seguin (Arkea – Handicap International) et en Vintage Mono entre Tanguy Caradec (Eurvad) et Kieran Le Borgne (Armor-Lux – Le Finistère Assurance).

Le fait du jour. Opération de secours en cours pour Armel Le Cléac’h

Dans la nuit, Armel Le Cléac’h, deuxième de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe jusque-là, a chaviré. Le chavirage a eu lieu aux alentours de 5 h 30 alors qu’il progressait à 550 milles au nord-ouest des Açores. Le skipper, qui n’est pas blessé, est parvenu à déclencher sa balise de détresse et à entrer en contact avec son équipe technique. « Il est au sec, il a de la nourriture, de l’eau et on est rassuré sur son état de santé », confie Erwan Steff, le directeur du Team Banque Populaire.

Route du Rhum - Destination Guadeloupe : A la mi-course, l'heure des grandes manoeuvres

Un pétrolier s’est dérouté afin de lui porter secours. Deuxième de l’édition 2010 en IMOCA, Armel Le Cléac’h a une histoire compliquée avec la course : forfait en 2014, il avait chaviré en 2018 avant de connaître des ennuis techniques en 2022

Le point sur la course

  • Seul en tête en Ultim, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) compte 130 milles d’avance sur la route directe .
Route du Rhum - Destination Guadeloupe : A la mi-course, l'heure des grandes manoeuvres© Frédéric Mailhos

Thomas Coville (Sodebo Ultim 3). Victime d’une avarie de voile hier, Coville est engagé dans une route beaucoup plus au sud que le leader.

  • Auteur d’un incroyable coup tactique, Corentin Horeau (MACSF) a pris les commandes en IMOCA où il a plus de 200 milles d’avance sur son premier poursuivant, Boris Herrmann (Malizia 4).
  • En Ocean Fifty, Basile Bourgnon (Edenred) a creusé légèrement l’écart avec ses rivaux.
  • Plus de 300 milles en latéral séparent les premiers de la flotte des Class40, qui se positionnent en vue d’une dépression qu’ils devraient traverser d’ici deux jours. Guillaume Pirouelle (Sogestran – Seafrigo) a pris les commandes de la course.
  • La bataille est toujours aussi intense chez les Vintage.

) et Damien Seguin (Arkéa – Handicap International, 2e) en Vintage Multi. En Vintage Mono, Tanguy Caradec (Eurvad, 1er) mène devant Sidney Gavignet (Le Cigare Rouge, 2e) de 15 milles.

Le point sur les autres avaries

  • Matthieu Perraut (Elvest, Ocean Fifty) a chaviré à 400 milles au nord des Açores mardi soir.
  • Alexis Loison (Groupe Réel, Ocean Fifty) a abandonné après un choc avec un objet non identifié. Il a fait route vers Port-la-Forêt.
  • Anthony Marchand (Actual Ultim 4, Ultim) a décidé d’abandonner. Les investigations

réalisées par son équipe après un problème de safran ne lui permettent pas de repartir. Il est actuellement amarré au port de Galway, en Irlande.

Au cœur des vacations. Class40, à l’aube d’une dépression

Il s’agit de la classe la plus représentée de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec quarante skippers. Et comme leurs confrères, ils ne sont pas épargnés.

Les conditions sont déjà intenses et le vent va se renforcer. En cause : une dépression qui va balayer la flotte. Afin d’y faire face, plusieurs stratégies se dessinent.

Au nord du peloton, il y a notamment Ian Lipinski. « Le centre de la dépression bouge beaucoup et le vent est très instable en direction, ce qui complique les choses », confie le skipper Crédit Mutuel. « De toute façon, maintenant, on ne va pas faire demi-tour ! »

Robin Follin (Solano), lui, a privilégié une route au sud de la flotte. « Ça nécessite pas mal de près, mais la suite s’annonce plutôt gérable ». Et d’ajouter : « D’ici deux jours, on verra quelle est la stratégie la plus efficace. »

Guillaume Pirouelle (Sogestran-Seafrigo), placé entre les deux et actuellement en tête, trouve que « c’est très osé de partir au nord. Aller chercher du portant en solitaire, dans une mer énorme avec 40 nœuds de vent ou plus, je ne le sentais pas. » Et l’amateur Gaëtan Thomas (Barco Brésil) de conclure : « on ne va pas s’arrêter là, mais c’est sûr qu’on va serrer les fesses ! »

Route du Rhum - Destination Guadeloupe : A la mi-course, l'heure des grandes manoeuvres© AFP 2026

Paroles de skippers

Corentin Horeau (MACSF, IMOCA) : « Ça fait plaisir de se retrouver avec autant d’avance, mais ce n’est que le début et il reste encore beaucoup de pièges à éviter. Quand je voyais les pointages, je n’osais pas y croire ! C’est ce dont on rêve en tant que marin en solitaire : réussir à faire des gains pareils à chaque classement. Je savais que ce scénario était possible, donc mon objectif était de passer le plus vite possible. Mais à un moment, j’ai vraiment cru que je n’y arriverais pas. Les autres avançaient petit à petit et moi, je restais scotché. Puis j’ai fini par trouver ce petit bout de vent qui m’a permis de repartir. Et là, c’était plein gaz ! »

Francesca Clapcich (11th Hour Racing, IMOCA) : « Mon objectif, c’est de continuer à naviguer vers le sud et après il devrait y avoir une rotation de vent vers la droite. Ça devrait être assez rapide pour s’en sortir, dans du vent pas très fort. Les angles ne sont pas terribles, c’est plutôt du reaching et sur nos bateaux, ce n’est jamais vraiment confortable. L’important, c’est de rester concentrée, de continuer à garder de la vitesse même si rien n’est facile. Je suis surprise que Corentin (Horeau) soit le seul à être passé et que la porte se soit refermée sur les autres. C’est vraiment une situation étrange. Moi, je reste motivé, je sais que la course va être encore longue jusqu’à l’arrivée. »

Basile Bourgnon (Edenred, Ocean Fifty) : « Avec toutes les options qui commencent à se dessiner, ça va devenir intéressant. On va voir qui aura le dernier mot. Pour l’instant, on profite d’un petit couloir qui nous permet de progresser, mais il ne durera pas éternellement. Thibaut (Vauchel-Camus) a choisi de partir plus tôt pour rejoindre ces vents. Si ça tourne en notre faveur, il sera parti trop tôt. Et si ça se ferme devant nous, il aura fait le bon choix. La météo n’est pas une science exacte et les dés sont lancés ! On devrait encore avoir au moins vingt-quatre heures de portant avant de retrouver un nouveau phénomène météo. Il va falloir s’adapter une fois de plus. Mais est-ce qu’on ne s’attendait pas à ça en s’engageant sur la Route du Rhum ? Je crois que si ! C’est dur, c’est exigeant, mais on y prend du plaisir. »

Guillaume Pirouelle (Sogestran – Seafrigo, Class40) : « Ça va, mais c’est toujours aussi sportif ! L’intensité ne baisse pas. Il y a toujours beaucoup de mer, des grains qui nous obligent parfois à modifier notre trajectoire et à changer de voile. Avec une mer aussi creuse, j’ai l’impression que ça remet un peu tout le monde au même niveau. On continue à bien se battre et, pour la suite, j’ai le sentiment qu’on prévoit de passer à peu près au même endroit dans la dépression. C’est vraiment le gros morceau qui nous attend. Je ne suis jamais passé dans un phénomène pareil. Je ne sais pas exactement à quoi m’attendre, ni ce qui sera raisonnable ou non. Là, c’est la kermesse ! Ça attaque de tous les côtés, il y en a qui partent au nord, d’autres au sud. Chacun fait ses choix en fonction de ce qu’il estime raisonnable. »

OC SPORT Pen Duick

OC Sport Pen Duick est la filiale française du groupe OC Sport en charge des événements de course au large. Créé pour gérer les campagnes sportives d’Eric Tabarly, d’une part, et Dame Ellen MacArthur de l’autre, figures emblématiques du sport international, le groupe perpétue fidèlement l’esprit et les valeurs qui animaient ces pionniers fondateurs : vivre et partager des expériences uniques avec le public, les sportifs et les partenaires. Historiquement engagé dans la course au large, le groupe a développé une expertise unique dans la voile professionnelle en s’appuyant sur un double savoir-faire dans la gestion d’équipes et l’organisation des courses les plus prestigieuses (Route du Rhum – Destination Guadeloupe, The Transat CIC, La Solitaire du Figaro Paprec, la Transat Paprec, L’Arkea Ultim Challenge – Brest…).

OC Sport est une société du Groupe Advenn.

Article rédigé à partir d’un communiqué de presse

Dans les archives